Ainsi, les prix a la production et a l’importation n’ont donne dans l’ensemble aucune impulsion sur le rencherissement en aval, soit au niveau de la consommation. Les prix des marchandises d’origine suisse ont diminue quelque peu, tandis que ceux des biens importes ont continue a augmenter. En comparaison annuelle, les prix a la production se sont replies, mais a un rythme plus lent qu’au milieu de 2002. Entre fevrier, ils etaient inferieurs de 0,2% a leur niveau du mois correspondant de 2002. Les biens de consommation ont rencheri de 1,1% et les biens d’equipement, de 0,3%; en revanche, les prix des produits semi-finis ont diminue de 1%. Par un effet de base, les prix des matieres premieres depassaient de 3%, en fevrier, leur niveau de l’annee precedente; en decembre et en janvier, ils avaient baisse en comparaison annuelle. En fevrier, l’indice des prix des biens importes etait superieur de 0,2% a son niveau du meme mois de 2002. Sa hausse est due principalement aux biens de consommation, qui ont rencheri de 1,3% en comparaison annuelle. Les prix des matieres premieres et ceux des produits semi-finis ont augmente de respectivement 0,7% et 0,5%. La tendance a la baisse s’est maintenue dans le domaine des biens d’equipement, dont les prix ont recule de 2,1% en un an. Entre fin novembre et fin fevrier, le prix du baril de petrole de qualite brent s’est accru d’environ 10 dollars et a atteint temporairement plus de 34 dollars. Exprime en francs, le prix du petrole depassait, en moyenne du mois de fevrier, de 30% le niveau observe un an auparavant. Cette flambee des prix a decoule avant tout de l’aggravation de la crise irakienne. Bien que l’OPEP se soit declaree prete a compenser une diminution de la production en cas de guerre, les marches craignaient une reduction de l’offre. A en juger aux contrats a terme conclus a la mi-mars, le prix du baril de petrole devrait rester superieur a 30 dollars ces trois prochains mois. En revanche, les impulsions decoulant des autres biens importes demeureront sans doute faibles compte tenu de la conjoncture morose sur le plan international et de la valeur exterieure plus elevee du franc. Du cote des marchandises et services d’origine suisse, les pressions a la hausse sur les prix ont continue a faiblir ces derniers mois. Etant donne que les capacites de production ne sont pas pleinement utilisees, ces pressions ne devraient guere augmenter dans le proche avenir. Une amelioration de la situation sur le marche du travail n’est pas escomptee avant le second semestre de l’annee, de sorte que des pressions sur les couts venant des salaires sont pour le moment improbables. Selon l’enquete que l’UBS a menee en novembre 2002 sur les salaires, ceux-ci devraient progresser en termes nominaux de 1,3% en 2003. Compte tenu du rencherissement attendu, soit 0,7%, et de l’augmentation de 1,5% environ de la productivite du travail, les couts unitaires du travail en termes reels pourraient meme diminuer cette annee. En outre, la concurrence toujours vive restreint la marge a disposition pour des majorations de prix. Il ressort de l’enquete menee par le Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ dans l’industrie que les pressions a la hausse sur les prix resteront faibles du cote des marchandises. Les entreprises axees sur le marche interieur s’attendent, en grande majorite, a des prix de vente stables ou en baisse. De plus, une part preponderante des entreprises table sur des prix d’achat inchanges. Les loyers des logements, qui entrent pour pres de 20% dans la composition du panier-type de l’indice des prix a la consommation, jouent un role particulier dans les perspectives de rencherissement. Selon le releve trimestriel de fevrier, la hausse des loyers a faibli, passant de 0,5% a 0,3%, soit a son rythme le plus bas depuis avril 1999. La reduction des taux hypothecaires, au second semestre de 2002, sera repercutee sur les loyers au printemps de 2003; ainsi, la hausse des loyers restera faible. Une forte penurie de logements caracterise cependant plusieurs regions, notamment les agglomerations de Zurich et de l’arc lemanique, de sorte que les proprietaires pourront exiger des loyers plus eleves lors de changements de locataires ou lors de la location d’appartements neufs. Le 20 mars 2003, lors de l’analyse trimestrielle de la situation, la Banque nationale a publie une nouvelle prevision d’inflation pour les annees 2003 a 2005. A fin 2002, la Banque nationale avait annonce son intention de publier une prevision d’inflation non plus chaque semestre (en juin et en decembre), mais chaque trimestre. La prevision du 20 mars 2003 repose sur l’hypothese d’un Libor a trois mois inchange a 0,25% au cours des trois prochaines annees. La Banque nationale table sur un redemarrage de la conjoncture aux Etats-Unis, dans la seconde moitie de 2003, et s’attend a ce que l’economie americaine atteigne de nouveau son potentiel de production en 2004. Dans l’UE, la reprise de la conjoncture sera retardee, et des taux de croissance superieurs a 2% ne peuvent etre escomptes avant 2004. L’institut d’emission part en outre d’un prix du petrole qui fluctuera quelque temps encore autour de 30 dollars le baril, etant donne les incertitudes geopolitiques, puis retournera a environ 25 dollars. La prevision d’inflation de mars 2003 et celle de decembre 2002 font l’objet du graphique 6.1. Bien que la Banque nationale ait encore assoupli sa politique monetaire au debut du mois de mars, la nouvelle prevision correspond pour l’essentiel, jusqu’au milieu de 2004, a celle de decembre. Le taux moyen de rencherissement devrait s’etablir a 0,7% en 2003 et a 0,9% en 2004. Le retard dans la reprise de la conjoncture et le flechissement du cours du dollar contribuent a moderer le rencherissement a court terme. L’inflation s’accelere davantage, en 2005, pour atteindre 2,5% au quatrieme trimestre. La Banque nationale entend par stabilite des prix une hausse annuelle de l’indice suisse des prix a la consommation de moins de 2%. A la fin de la periode sur laquelle porte la prevision, l’inflation sort par consequent de la zone que la Banque nationale assimile a la stabilite des prix. Cette acceleration est due au fait que l’institut d’emission a encore assoupli sa politique monetaire depuis la prevision de decembre 2002, etant donne l’incertitude accrue quant a l’evolution de la conjoncture. La Banque nationale est d’avis que sa politique monetaire actuelle, fortement expansionniste, ne met pas encore en danger la stabilite des prix. Elle estime disposer de suffisamment de temps pour proceder a une correction de sa politique monetaire et pouvoir maintenir le rencherissement dans la zone de la stabilite des prix. Les comptoirs de la Banque nationale sont en contact permanent avec de nombreuses entreprises des divers secteurs et branches de l’economie. Leurs rapports, qui refletent une appreciation subjective des entreprises, constituent une source supplementaire d’informations pour porter un jugement sur la situation economique. Les principaux resultats tires des entretiens sur la situation actuelle et future de l’economie, entretiens qui ont ete menes durant les mois de novembre 2002 a fevrier 2003, sont resumes ci-apres. Les entreprises interrogees ont encore connu, en majorite, une marche des affaires insatisfaisante et ont estime que la situation conjoncturelle restait defavorable. Dans l’ensemble, aucun signe montrant des tendances a un raffermissement ou a un affaiblissement sur un large front n’est apparu.